Aucune quarantaine n’a vaincu de maladie

18.03.2020

Vous n’êtes pas expert en Covid-19, mais personne ne l’est.Les scientifiques ne savent pas tout, en l’occurrence, ilscommencent à peine leurs recherches. En l’absence de données précises, nous ne devons prendre des hypothèses que pour de simples hypothèses. L’Histoire nous apprend qu’à cejour, aucune maladie n’a été vaincue par des mesures de quarantaine. Celles-ci peuvent permettre de gagner du temps, pas de vaincre.

 

L’épidémie de Covid-19 réveille des angoisses ancestrales.Certains d’entre nous perçoivent soudainement leurs voisins, leurs amis et leurs familles comme des menaces. Il existe unvéritable risque d’assister sous peu à des violences.

Face à un danger, quel qu’il soit, nous devons d’abord rester raisonnables et non pas rationnels. Ce sont deux mode de pensée fort différents. Nous ne pouvons penser logiquement à partir de données incomplètes.

Le Covid-19 est une maladie jusqu’ici inconnue qui semble pouvoir tuer jusqu’à 1 % de la population mondiale, mais qui pour le moment n’a tué que quelques milliers de personnes. Les chercheurs commencent juste à l’étudier scientifiquement.Nous savons qu’elle est provoquée par un virus qui se transmet par les muqueuses du visage. Nul ne sait comment en empêcher la propagation, mais chacun a son a priori à cesujet.

Selon leur culture, les scientifiques ont conseillé différemment les autorités de leurs pays : 
 

 Les autorités chinoises ont pratiqué un confinement des populations couplé avec une visite médicale à domicile tous les deux jours. Les personnes suspectées d’être infectées étaient emmenées de force à l’hôpital. Cette méthode empirique correspond avec la chute de cette maladie. Cela ne veut pas dire qu’elle ait eu une quelconque efficacité, ni que la maladie ait été définitivement éradiquée. 

 

 L’Organisation mondiale de la Santé préconise unconfinement des populations, sans visite médicale à domicile. L’OMS part de l’hypothèse que les enfants deviennent porteurs sains de la maladie et contaminent les grands parents chez qui la maladie peut se développer de manière aigüe. 

 

 Les autorités suédoises essaient une troisième méthode. Elles considèrent que seules les personnes âgées ont besoin d’être protégées et que rien ne prouve que la maladie est disséminée par les enfants. Ils ne pratiquent donc que le confinement des anciens et ne ferment ni les écoles, ni les entreprises.

Laquelle de ces trois écoles a raison, en supposant que l’une d’entre elles ait raison ? Nous ne pouvons pas le savoir tant que ces trois méthodes n’auront pas été expérimentées sur la longue durée.

Pourtant, nous devons nous souvenir que jamais dans l’histoire une épidémie n’a été vaincue par des quarantaines, mais uniquement par des mesures d’hygiène. Les quarantaines ne protègent pas des populations chez qui la maladie est déjà présente, elles peuvent juste permettre de gagner un peu de temps.

Nous devons nous méfier de l’angoisse qui conduit nos dirigeants politiques à prendre les mesures qui leur semblent les plus radicales, c’est-à-dire les plus traumatisantes par rapport à celles déjà prises par leurs voisins. La surenchère de ces mesures nous apprend le niveau de panique de nos dirigeants, pas les moyens de combattre la maladie.

En outre, comme toujours, certains dirigeants politiques instrumentent la crise en fonction de leur agenda personnel.

Depuis vingt-cinq ans, le monde développé a connu plusieurs épisodes de délire collectif. Durant la crise de la vache folle, nous avons sacrifié du bétail sur de gigantesques bûchers ; lors du passage à l’an 2000, nous avons cru que les avions allaient tomber du ciel sur nos têtes ; devant les attentats du 11-Septembre, nous avons cru que les barbares allaient détruire la civilisation occidentale ; etc, etc. Après coup, tout ceci semble ridicule. Consultez de vieux journaux et vous constaterez la crédulité du public, pas celle de nos ancêtres, mais de nous-mêmes, il y a quelques années.

L’Occident est de moins en moins raisonnable et de plus en plus dogmatique. Nous avons adhéré sans nous en rendre compte à une forme religieuse de pensée dans laquelle nous avons remplacé la supposée volonté divine par une prétendue connaissance scientifique.

La Science ne nous dit pas grand-chose sur le Covid-19 et rien du tout sur la manière d’empêcher sa propagation. Nous n’en sommes qu’à l’heure des hypothèses.

Thierry Meyssan

Source : Reseau International