La Russie va construire le plus grand brise-glace nucléaire au monde

Jeudi, 7 mai, 2020 - 11:07

L’entreprise Atomflot a annoncé la construction d’un nouveau navire nucléaire. Nommé Leader, il fera 209 mètres de long et pourra broyer de la glace de plus de quatre mètres d’épaisseur 

Un nouveau titan du Grand Nord va bientôt frayer un chemin aux bateaux à travers la banquise. L’entreprise d’État russe Atomflot, qui gère et maintient les seuls brise-glaces à propulsion nucléaire en service dans le monde, a annoncé la construction d’un nouveau monstre d’acier. Baptisé le Leader, ce futur brise-glace mesurera plus de 209 mètres de long pour environ 48 mètres de larges. Ce navire colossal pèsera près 70.000 tonnes.

Pour se déplacer à travers la banquise avec un tel tonnage, le bateau sera équipé de deux réacteurs nucléaires qui fourniront plus de 120 Mégawatts d’énergie. De quoi permettre au navire russe de broyer des glaces de plus de quatre mètres d’épaisseur. Dans des eaux plus chaudes, le Leader pourra se déplacer à une vitesse d’environ 40 kilomètres par heure. “Notre brise-glace nucléaire aura pour mission de garantir aux autres navires commerciaux des passages sûrs à travers les mers de l’Arctique tout au long de l’année, même pendant l’hiver”, détaille la société Atomflot dans un communiqué.

Mieux encore, les capacités du futur brise-glace lui permettront de libérer de nouvelles routes à travers la banquise pour écourter le voyage des autres bateaux dans cet environnement périlleux. Des porte-conteneurs pourront donc profiter de ces nouveaux passages dans le pôle nord pour se rendre plus rapidement en Asie, depuis l’Europe par exemple. En plus de servir au dégagement des couloirs maritimes, les brise-glaces nucléaires joueront un important rôle logistique en transportant des matériaux à des villes russes démunies de routes ou liaisons aériennes pendant le gel de la mer. Lorsque des bateaux sont prisonniers de la banquise, ces brise-glaces peuvent également porter secours. Malgré ce programme alléchant, , la Russie devra encore patienter quelques années avant de vraiment pouvoir se targuer de posséder le plus grand brise-glace nucléaire au monde. La mise à l’eau du Leader ne se fera pas avant 2027.

Source : Capital