Robert Ménard suscite la polémique avec des affiches choc contre la baisse des dotations de l'Etat

Mercredi, 20 septembre, 2017 - 22:00

Selon le Media RT
La baisse de 300 millions d'euros de dotations de l'Etat suscite la colère des maires, parmi lesquels Robert Ménard, qui a réagi avec une campagne d'affichage. Le préfet de l'Hérault dénonce un populisme rappelant «la propagande d'un autre temps».
Comme de nombreux édiles, Robert Ménard, maire de Béziers, est plus que remonté contre la baisse des dotations de l'Etat annoncée de manière subite par Emmanuel Macron en juillet dernier. Mais là où Robert Ménard se distingue de ses pairs, c'est par son goût de la provocation, comme il l'a de nouveau prouvé en lançant une campagne d'affichage comparant les contraintes budgétaires imposées par l'Etat aux communes à des violences conjugales.
Les réactions indignées n'ont pas tardé à se faire entendre sitôt les affiches découvertes le 15 septembre dernier.
«L'Etat étrangle nos communes». Tel est le slogan choc qu'a choisi la mairie de Béziers pour cette campagne d'affichage. Celui-ci est accompagné d'un dessin tout aussi marquant, représentant un homme s'en prenant à une jeune femme en l'étranglant. Le tout est sous-titré par un mot-dièse supposé résumer l'état d'esprit des collectivités locales, et plus particulièrement celui de la mairie de Béziers, à l'égard de cette baisse des dotations : #CaFaitMal. La mairie de Béziers a également relayé cette nouvelle campagne de communication sur son compte Twitter.
Le préfet de l'Hérault, Pierre Pouëssel, s'est indigné de ce choix visuel, dénonçant par voie de communiqué, cité le 19 septembre par l'AFP, «une affiche scandaleuse». «Elle contient tous les ingrédients d'un populisme de caniveau que le maire de Béziers cultive sans vergogne», s'est-il agacé, faisant référence aux polémiques déjà déclenchées par de précédentes campagnes d'affichage lancées par Robert Ménard. N'hésitant pas à convoquer le souvenir, semble-t-il, de l'Allemagne nazie ou de l'Occupation, le préfet a en outre estimé que l'affiche, «par son graphisme, rappell[ait] des propagandes d'un autre temps qui ont fini dans les poubelles de l'Histoire».
Même son de cloche pour le Mouvement des jeunes socialistes de l'Hérault, qui a exigé le retrait des affiches sur son site internet. Tout en accusant la campagne lancée par la mairie de Béziers de reprendre «des représentations sociales sexistes, propres au patriarcat», l'organisation de jeunesse du Parti socialiste considère qu'elle «banalise encore plus qu’ils ne le sont déjà les comportements de violences et de domination des hommes envers les femmes».
«Ce qui est violent, c'est les 140 salariés qui vont perdre leur travail»
Interrogé par le Midi Libre, Robert Ménard assume et explique sa démarche en opposant à la présumée violence de l'affiche la violence que représenterait la baisse des dotations de l'Etat pour le budget biterrois. «Ce qui est scandaleux et violent, c'est les 140 CAE [contrats d'accompagnement dans l'emploi] qui vont perdre leur travail. Ce qui est scandaleux et violent, c'est les 100 000 euros de subvention supprimés – on vient de l'apprendre – aux associations dans les quartiers en difficultés de Béziers», dénonce-t-il (…)