Pédagogie innovante : pas de masque, pas de scolarité

Mercredi, 22 décembre, 2021 - 20:51

Des humeurs opaques du Malade imaginaire, nous sommes passés au taux d’incidence du Malade imaginé. La grande invention de Knock, en 1923, est le malade qui ne le sait pas. Quel jargon a été élaboré depuis ! jauge, hybridation, brassage, présentiel, distanciation, en intérieur, en extérieur… Mots inventés pour l’occasion, détournés de leur sens. C’est pour que vous compreniez mieux et surtout, ne l’oubliez JAMAIS, c’est TOUJOURS pour votre bien.

La nouvelle société qui veille sur nous et nos enfants a décidé que la soumission allait remplacer la dissipation et le nouvel ordre citoyen l’habituel laxisme envers la jeunesse. Le port du masque est devenu obligatoire à l’école dans toute la France métropolitaine comme en outre-mer. En raison du regain de l’épidémie, les écoliers, du CP au CM2, doivent mettre un masque, non seulement à l’intérieur, mais également dans la cour de récréation.

Les chiffres sont là : 70 décès de covid le 15 novembre sur un total de 7 290 886 cas confirmés depuis le début de l’épidémie. Faut-il avoir peur ? ou croire les conteurs de sornettes et joyeux drilles de l’Insee, de l’ATIH (Agence technique de l’information sur l’hospitalisation) et de l’Irsan (Institut de recherche pour la valorisation des données de santé) qui prétendent — chiffres officiels à l’appui — que l’actuelle pandémie n’est qu’une faribole ?

L’Éducation nationale a réorganisé le protocole sanitaire des établissements scolaires. Tout d’abord « aller en classe » est remplacé par « assister au cours en présentiel ». Ensuite sont prévus : lavage des mains, fenêtres ouvertes en hiver, masque dans les espaces clos et en extérieur (sauf pour les écoles maternelles), limitation du brassage des élèves, distanciation physique, etc.
Comment en est-on arrivé là ? C’est toute une culture administrative qui a fait ses preuves, à l’instar du manuel du détenu arrivant en prison : « La vie en collectivité implique également l’observation de règles de vie fondées sur le respect d’autrui, sur l’ordre et la discipline. […] Vous pouvez bénéficier à votre arrivée d’une trousse de toilette comprenant des produits d’hygiène corporelle et d’un kit pour nettoyer votre cellule. »

La distanciation

L’école bénéficie à présent d’une couleur : verte, jaune, orange, rouge. Il manque le bleu et le violet pour parvenir — enfin ! — au drapeau LGBT. Oubli certainement réparé par le prochain programme. Exemple avec le sport : « au niveau rouge : les activités physiques et sportives sont maintenues en extérieur, dans le respect d’une distanciation de 2 mètres. Elles sont suspendues en intérieur ». Donc pas de risque de contact illégal entre joueurs au basket, ce qui facilite le travail de l’arbitre.
Et si le virus est passé par-là ? C’est prévu : « Aux collèges et lycées, les élèves contact à risque justifiant d’une vaccination complète poursuivent les cours en présentiel. Les élèves contact à risque sans vaccination complète poursuivent pendant 7 jours leurs apprentissages à distance. »
Traduction : l’élève vacciné qui risque de contaminer ses camarades peut venir en classe, alors que non vacciné il pourrait rester tranquillement à la maison une semaine sans faire courir de risque au reste de la classe. La différence avec ce que prévoit le manuel pour le nouveau détenu, c’est qu’en prison les cas de symptômes évocateurs de covid-19 ne donnent pas lieu à libération (page 9 du manuel). En effet la vaccination n’arrive pas à stopper la circulation du virus. Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) autorise pourtant la vaccination aux 5 à 11 ans, car elle est « acceptable sur le plan éthique ». Mais elle ne doit pas être obligatoire car « de nombreuses incertitudes persistent en ce qui concerne les effets à long terme du vaccin ».  Traduction : vous pouvez moralement faire courir des risques à long terme à vos enfants.

Le masque

Pour endiguer la 5e vague, de nouvelles obligations du port du masque ont été décrétées. Le masque n’est pas obligatoire pour les enfants en maternelle, mais tous les personnels accueillant des enfants à partir de six ans doivent le porter « en intérieur comme en extérieur ». Aux parents d’élèves se posant des cas de conscience, le ministère répond par la casuistique : « Un enfant de 6 ans scolarisé en grande section de maternelle n’est pas tenu de porter le masque, mais un enfant de 5 ans scolarisé en CP sera tenu de le porter. » Un adulte risque 135 € d’amende à ne pas porter de masque là où il est obligatoire. Un enfant ne risque rien.

Heureusement, dans les écoles, des sanctions sont quand même prévues par l’Éducation nationale comme base à l’élaboration des règlements intérieurs : rapport porté sur le carnet de correspondance, excuse publique orale ou écrite, devoir supplémentaire. D’autres punitions peuvent être prononcées. Pour rappel, la note zéro infligée à un élève en raison de motif exclusivement disciplinaire est proscrite. La période transitoire d’interruption de la scolarité ne doit pas consister, pour l’élève, en un temps de désœuvrement. […] Il s’agit d’assurer la continuité des apprentissages ou de la formation afin de préparer la réintégration de l’élève.
Dans les lycées, sont prévus dans l’ordre : avertissement, blâme, mesure de responsabilisation, exclusion temporaire de la classe, de l’établissement ou de l’un de ses services annexes, exclusion définitive de l’établissement ou de l’un de ses services annexes.

Foin de pédagogie ministérielle ! Vive les bonnes vieilles punitions !

1. Colles

Dans une école primaire des Vosges un enfant de 10 ans n’aurait pas porté son masque correctement et n’aurait pas eu en sa possession de masques de rechange. Il a été privé de récréation et condamné à recopier dix fois : « Je dois porter un masque et en avoir de rechange ». Une maman témoigne : « Mon enfant a reçu une punition pour avoir mal porté son masque à plusieurs reprises. Elle a dû copier le verbe devoir à tous les temps et a toutes les personnes. Son grand frère, en 4e, risque de se faire expulser du collège pour port du masque en dessous du nez. »

2. Exclusions

« L’exclusion, au collège et au lycée, doit faire l’objet d’une procédure disciplinaire soit devant le conseil de discipline soit par le chef d’établissement ou dans le cadre d’une mesure conservatoire le temps de la procédure disciplinaire. Même avec le protocole sanitaire, l’établissement scolaire doit respecter la procédure disciplinaire inhérente au règlement intérieur et respecter le code de l’éducation. Un temps doit, notamment, être donné à l’élève pour présenter sa défense et ses parents doivent être convoqués. »

Il n’est pas question de mettre à la rue un bout de chou de six ans dépourvu de masque, même si certains l’ont fait. Il s’agissait bien entendu d’un malentendu.

Tout aussi illégale est l’exclusion de Timéo, un élève de CP, de l’école à Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire), depuis la rentrée scolaire de septembre. L’inspection académique et le médecin de santé refusent de lui accorder une dérogation, malgré un certificat médical le dispensant du port du masque pour raison de santé. Le maire n’a pas oublié d’envoyer une facture de cantine pour le mois de septembre…

Les adultes non plus n’y comprennent plus rien

A présent ce sont les agressions sans masque qui soulèvent l’indignation. Certains en regretteraient le temps des braqueurs masqués. A l’époque, on n’aurait jamais vu un tel fait divers : « Un proviseur et un surveillant d’un lycée de l’Essonne ont reçu un coup de tête ce lundi de la part d’un homme qui tentait de rentrer dans l’établissement sans masque. »

Il est toujours légalement interdit de cacher ou de couvrir complètement son visage dans un lieu public. Et pourtant des arrêtés rendent le masque obligatoire dans les lieux publics. Faut-il obéir à la loi ou aux arrêtés ?

Tout va sens dessus dessous. Chacun y perd son latin (qu’il n’a jamais eu). Est-ce de la manipulation ? Y a-t-il un manipulateur aux commandes ? Mais qui, qui, qui ? Cherchons dans un dictionnaire. On passe sur l’exemple du « manipulateur de laboratoire », quoique… On passe à des synonymes : prestidigitateur, marionnettiste. Ces gens-là sont en effet capables de nous faire croire à toutes sortes de balivernes, calembredaines, fumisteries, billevesées. S’ils ont même réussi à nous faire croire que tous ces jolis mots français ne valaient pas l’affreux « fake news », on doit sûrement être prêts à croire le reste.

Jacqueline

Source : Le Média en 4 4 2