Parmi les migrants qui tentent de passer la frontière gréco-turque, de nombreux... Maghrébins

Jeudi, 12 mars, 2020 - 09:36

Algériens, Tunisiens et Marocains profitent de l’ouverture de la frontière turque par Erdogan pour tenter de gagner l’Europe.

Ils ont saisi l’opportunité. Vendredi 28 février dernier, le président turc Recep Tayyip Erdogan mettait sa menace à exécution et ouvrait les quelque 200 kilomètres de frontières entre son pays et la Grèce. Depuis, des dizaines de milliers de migrants afghans, syriens ou encore irakiens se massent aux portes de l’Europe, péniblement repoussés par les autorités grecques. Plus surprenant, parmi ce flux de clandestins se trouvent également… des Maghrébins, rapporte RMC.  

Tenter de gagner la France ou l’Allemagne

Les journalistes de la radio sur le terrain ont en effet rencontré plusieurs ressortissants algériens, tunisiens, marocains qui veulent profiter de la situation pour passer en Europe.Comment ont-ils pu atterrir en Turquie, à plusieurs milliers de kilomètres de chez eux ? Toufik, un Marocain de 22 ans explique à RMC qu’il est parti dès les annonces du président Erdogan, il y a 10 jours. « On a vu sur WhatsApp et sur Facebook des messages qui disent que les portes sont ouvertes entre la Turquie et la Grèce. Alors on est venu pour essayer d’aller en France ou en Allemagne. On a rien au Maroc, pas de travail, pas d’argent, je ne veux pas rester chez moi à rien faire », fait valoir le jeune homme. Lui et son ami Samir ont déjà tenté la traversée mais ont été stoppés par les barbelés et les militaires grecs. L’un d’eux affirme même avoir été blessé dans l’action. « Je veux réessayer, même si ça me coûte la vie », assure-t-il à RMC.

Dimanche, le président Erdogan a appelé la Grèce à « ouvrir ses portes » aux migrants pour qu’ils se répandent dans le reste de l’Union européenne. « Hé, la Grèce ! Je te lance un appel… Ouvre tes portes également et libère-toi de ce fardeau. Laisse-les aller dans d’autres pays européens », a-t-il déclaré. Mais pas question pour la Grèce de se laisser déborder par une deuxième crise migratoire. Le Premier ministre grec a d’ailleurs annoncé que l’accord entre l’Union européenne et la Turquie, qui prévoyait que les migrants restent en Turquie en échange d’une aide financière, était « mort »

 

Source : Valeurs Actuelles