L'UE ne reconnaît plus Juan Guaido comme président légitime du Venezuela

Lundi, 1 février, 2021 - 08:39

Le Haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Josep Borell, a affirmé ce lundi 25 janvier « continuer à creuser toutes les pistes visant à résoudre le problème politique » vénézuélien.

La douche froide a été sévère pour Juan Guaido, autoproclamé président intérimaire du Venezuela le 23 janvier 2019 et ses partisans : l'union européenne ne le reconnaît plus comme président légitime du Venezuela. Ce lundi 25 janvier, le conseil européen, s'il réaffirme ne pas reconnaître le résultat des élections législatives du 6 décembre dernier, ne considère plus Juan Guaido comme président de l'Assemblée nationale et président intérimaire de la République. L'Union européenne prend acte de la fin de la législature des députés élus en 2015 et n'entend pas suivre Juan Guaido dans sa volonté de prolonger son mandat «jusqu'à ce que des élections présidentielles et législatives justes et libres soient organisées».

On sentait depuis plusieurs semaines l'embarras dans les chancelleries européennes. Si depuis janvier 2019, le soutien à Juan Guaido a été sans faille, il commençait à être difficile de continuer à considérer Juan Guaido comme le président légitime du pays alors qu'il n'était plus député selon la constitution.

De plus, le pouvoir de Juan Guaido était purement symbolique. À force de s'appuyer sur une légitimité démocratique pour prétendre détenir le pouvoir politique alors qu'il était dépourvu de toute capacité de décision, il a lassé les Vénézuéliens plongés dans une épouvantable crise économique, sociale et politique qui entendaient les discours de Juan Guaido, ses annonces de décisions sans que cela soit suivi d'effet pour leur vie quotidienne.

Le 23 janvier aurait dû être un jour de célébration des deux ans de présidence intérimaire. Au lieu de cela, Juan Guaido est resté très discret. Sa volonté de se maintenir dans sa position de président intérimaire n'a pas été comprise. Beaucoup sont surpris qu'ils veuillent maintenir une stratégie mise en échec depuis de nombreux mois. Il n'y a jusqu'à cette heure aucune réaction directe de Juan Guaido aux déclarations de Josep Borrel de ce lundi qui se contente de dire que «nous devons continuer à creuser toutes les pistes visant à résoudre le problème politique» du Venezuela.

Isadora Zubillaga, la représentante de Juan Guaido en France, a réagi par courriel de façon très ferme. Elle déplore que le représentant de la diplomatie européenne «parle du véritable président du pays comme de l'un des représentants de l'Assemblée nationale sortante. Cette formulation peut paraître sans importance mais elle ignore la volonté du peuple vénézuélien… Cela envoie un mauvais message à Nicolas Maduro et ses partisans… Il n'est pas temps pour l'Union européenne de tourner le dos à la démocratie vénézuélienne… Le gouvernement intérimaire est la seule instance démocratique du pays».

Pour l'instant, l'Union européenne est la seule instance internationale à avoir officiellement lâché Juan Guaido. Les États-Unis et la Colombie continuent officiellement à considérer Juan Guaido comme seul représentant légitime du Venezuela. Joe Biden,le nouveau président américain, semble vouloir se maintenir dans cette ligne mais jusqu'à quand ? Juan Guaido n'a plus de mandat, n'a plus le soutien de la population et plus aucun pouvoir pour contrer les initiatives de Nicolás Maduro. Il semble que l'opposition vénézuélienne ait raté cet épisode de transition en s'enfermant dans un déni de réalité. Le gouvernement de Nicolás Maduro n'attendait que cela pour avancer ses pions alors qu'il cherche de nouveaux investisseurs pour sortir le pays de l'enfer où il l'a lui-même plongé.

Source : Le Figaro