Les F-35 bombardent Gaza

Jeudi, 20 mai, 2021 - 10:57

Le porte-parole des Forces israéliennes Zilberman, annonçant le début du bombardement de Gaza, a spécifié que « prennent part à l’opération 80 chasseurs, y compris les F-35  Puissants » (The Times of Israel, 11 mai 2021). C’est officiellement le baptême du feu du chasseur de cinquième génération de la société étasunienne Lockheed Martin, à la production duquel participe aussi l’Italie en tant que partenaire de second niveau.

Israël, qui a déjà reçu des USA 27 F-35, a décidé en février dernier d’en acheter non plus 50 mais 75. À cette fin le gouvernement a décrété une allocation ultérieure de 9 milliards de dollars : 7 provenant de « l’aide » militaire gratuite de 28 milliards concédés par les USA à Israël, 2 concédés comme prêt par la Citibank étasunienne. Tandis que les pilotes israéliens de F-35 sont entraînés par l’U.S. Air Force en Arizona et en Israël, le Génie de l’US Army construit en Israël des hangars spéciaux renforcés pour les F-35, adaptés à la fois pour la plus grande protection des chasseurs à terre, et pour leur décollage rapide quand ils partent à l’attaque. En même temps les industries militaires israéliennes (Israel Aerospace et Elbit Systems), en étroite collaboration avec Lockheed Martin, augmentent la puissance du chasseur, rebaptisé « Adir » (Puissant) : surtout dans sa capacité de pénétrer les défenses ennemies et son rayon d’action, qui a été presque doublé. Capacités certes non nécessaires pour attaquer Gaza.

Pourquoi alors emploie-t-on contre les Palestiniens les chasseurs les plus avancés de cinquième génération ? Parce que cela sert à tester les F-35 et les pilotes dans une action guerrière réelle, en utilisant les maisons de Gaza comme cibles du polygone de tir. Peu importe si, dans les maisons-cibles, se trouvent des familles entières.

Les F-35 A, qui viennent s’ajouter aux centaines de chasseurs-bombardiers déjà fournis par les USA à Israël, sont projetés pour l’attaque nucléaire, notamment avec la nouvelle bombe B61-12 que les États-Unis, outre les baser sous peu en Italie et dans d’autres pays européens, fourniront aussi à Israël, unique puissance nucléaire au Moyen-Orient, avec un arsenal estimé à 100-400 armes nucléaires. Si Israël double le rayon d’action des F-35 et va recevoir des USA 8 avions citernes Pegasus de Boeing pour l’approvisionnement en vol des F-35, c’est parce qu’il se prépare à déclencher une attaque, y compris nucléaire, contre l’Iran. Les forces nucléaires israéliennes sont intégrées au système électronique OTAN, dans le cadre du « Programme de coopération individuel » avec Israël, pays qui, bien que n’étant pas membre de l’Alliance, est intégré avec une mission permanente dans le quartier-général de l’OTAN à Bruxelles. Dans le même cadre, l’Allemagne a fourni à Israël 6 sous-marins Dolphin modifiés pour le lancement de missiles nucléaires (comme a documenté Der Spiegel en 2012).

La coopération militaire de l’Italie avec Israël est devenue loi de la République (Loi 17 mai 2005 n° 94). Elle stipule une coopération tous azimuts, que ce soit dans les forces armées ou les industries militaires, y compris des activités qui restent secrètes parce que soumises à « l’Accord de sécurité » entre les deux parties. Israël a fourni à l’Italie le satellite Opsat-3000, qui transmet des images de très haute résolution pour des opérations militaires dans des théâtres de guerre lointains. Le satellite est relié à trois centres en Italie et, en même temps, à un quatrième centre en Israël, pour preuve de la collaboration de plus en plus étroite entre les deux pays.

L’Italie a fourni à Israël 30 chasseurs Aermacchi de la société Leonardo, pour l’entraînement des pilotes. Maintenant elle peut lui fournir une nouvelle version, le M-346 FA (Fighter Attack), qui – précise Leonardo – sert à la fois pour l’entraînement et pour des « missions d’attaque au sol avec des munitions de chute de 500 libres et des munitions de précision capables d’augmenter le nombre d’objectifs à frapper simultanément ». La nouvelle version du chasseur – souligne Leonardo – est particulièrement adaptée à des « missions en zones urbaines », où des bombardiers lourds « sont souvent utilisés dans des missions peu payantes et avec de forts coûts opérationnels ». L’idéal pour les prochains bombardements israéliens sur Gaza, qui pourront être effectués avec « un coût à l’heure de vol se réduisant jusqu’à 80% », et seront très « payants », c’est-à-dire tueront beaucoup plus de Palestiniens.

Manlio Dinucci

 

Source : Réseau International