Le professeur Raoult se sert d'une étude espagnole pour remettre en question l’efficacité du confinement

Vendredi, 15 mai, 2020 - 16:57

espagnole qui montre que les travailleurs essentiels qui ont continué à sortir de chez eux durant le confinement ont été moins contaminés par le Covid-19 que ceux restés à domicile. Il interroge alors sur l’efficacité de cette mesure dans la lutte contre la propagation de la maladie.

A contre-courant sur de nombreux sujets concernant le Covid-19, le professeur Didier Raoult invite ce jeudi à "réfléchir" sur l’efficacité du confinement dans la lutte contre la maladie infectieuse. L’infectiologue à la tête de l'IHU de Marseille s’appuie cette fois-ci sur une étude espagnole menée par le ministère de la Santé et l'Institut de Santé Carlos III, avec la collaboration de l'Institut National de la Statistique et des Communautés Autonomes. 

Les chercheurs se sont basés sur un échantillon de 60.983 personnes pour analyser les anticorps fabriqués contre le Covid-19. Il en ressort que seul 5% de la population a développé des anticorps contre la maladie. L’Espagne, qui compte 27.321 morts selon le dernier bilan officiel, est donc bien loin d’avoir atteint l’immunité collective. 

60.000 morts évités en France

Mais la donnée qui a frappé le professeur Raoult concerne le taux de séroprévalence chez les travailleurs dits "essentiels" et qui ont dû continuer à se rendre à leur travail durant le confinement imposé par le pays. D’après les résultats de l’étude, 5,3% des travailleurs qui sont sortis de chez eux présentent des anticorps, tandis que ce pourcentage s’élève à 6,3% chez ceux placés en télétravail.

Ont-ils simplement mieux appliqué les gestes barrières que les travailleurs confinés? Difficile à dire. En France en tout cas, le travail des chercheurs porte à croire que le confinement a été efficace pour ralentir la propagation du virus. Selon une étude publiée par des épidémiologistes de l’Ecole des hautes études en santé publique, relayée par Le Monde, cette mesure drastique a permis au pays d'éviter plus de 60.000 morts supplémentaires dans nos hôpitaux, au cours du premier mois de confinement.

Au total, ce sont près de 670.000 patients qui auraient nécessité une hospitalisation. Sur ceux-ci, au moins 140.000 cas graves auraient eu besoin d'être pris en charge, élevant le nombre de lits de réanimation requis à 100.000. À titre de comparaison, lors de notre pic, atteint le 8 avril, ce sont 7148 patients qui avaient été admis en réanimation, rappelle Le Monde

Source : BFM Tv