Ankara a lancé son offensive contre le Nord de la Syrie

Jeudi, 10 octobre, 2019 - 13:03

La Turquie vient de lancer une invasion militaire dans le nord-est de la Syrie.

Il y a quelques mois encore, Bernard Kouchner, un ancien ministre français des Affaires étrangères qui a été aussi l'architecte du concept criminel de l'ingérence à titre humanitaire, se rendait dans le nord est syrien pour apporter l'appui de Paris aux Kurdes de Syrie et les faire bercer du rêve désormais effondré d'avoir un État indépendant kurde sur le sol syrien! Un État que les États-Unis, Israël, la France et la Grande Bretagne appellent de leurs vœux ne serait-ce que pour préserver au cœur d'une Syrie désormais quasi libérée, un foyer de crise. Aussi face à l'invasion  turque qui a commencé par terre et dans le ciel depuis quelques heures, la France aurait dû se mobiliser et voler au secours des "amis kurdes". Mais pour seule réaction, l'Élysée n'a fait que recevoir le chef des FDS en se contentant d'exprimer ses vives inquiétudes...Est-ce cela le soutien promis aux Kurdes de Syrie? Force est de constater que les Kurdes sont lâchés de toutes parts et de la pire des manières. Leur crime? Le fait d’avoir trahi l'État syrien et "pris vessies pour lanternes"!

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré, mercredi 9 octobre, que les forces militaires turques et les éléments de la soi-disant Armée syrienne libre (ASL), soutenus par la Turquie, avaient lancé une offensive dans le nord-est de la Syrie contre des miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) afin de « les éloigner des zones frontalières ».

« L’opération Peace Spring neutralisera les menaces terroristes contre la Turquie et conduira à la création d’une zone de sécurité qui favorisera le retour des réfugiés syriens dans leur pays. Nous allons préserver l'intégrité territoriale de la Syrie et libérer les communautés locales des [mains des] terroristes », a écrit Erdogan sur sa page officielle Twitter.

Dans la foulée, la télévision d'État syrienne a rapporté que l'armée turque avait lancé une opération dans le nord du pays en menant un raid aérien sur la ville de Ras al-Ayn, dans la province de Hassaké.

En même temps, l’artillerie de l’armée turque a bombardé des positions des Forces démocratiques syriennes (FDS).

De leur côté, les Kurdes ont tiré deux obus de mortier en direction de la ville frontalière de Ceylanpinar, située dans le sud de la Turquie, en représailles de l’agression turque visant le territoire syrien.

Selon la chaîne de télévision al-Mayadeen, les FDS ont également lancé une attaque au mortier contre la ville de Nusaybin, dans la province de Mardin, à la frontière turco-syrienne.

Les attaques n’ont fait ni victime ni dégât.

Les médias syriens ont rapporté que les FDS avaient déjà évacué leur position à Ras al-Aïn.

Un responsable kurde a confié au correspondant d’al-Mayadeen que la Turquie avait pris pour cible 16 bases appartenant aux Kurdes à Ras al-Aïn.

Le porte-parole du Conseil militaire de Manbij a annoncé que les troupes américaines et françaises ne s’étaient pas encore retirées de Manbij.

Peu avant le début de l’offensive turque, les habitants des régions du Nord syrien dont Raqqa, Aïn Issa, Tell Abyad et Deir ez-Zor sont descendus dans la rue afin de condamner les visées expansionnistes d’Ankara.

À Tell Abyad, les protestataires ont dressé des tentes pour observer un sit-in.

Ce mercredi matin, avant le début de l’offensive turque contre la Syrie, la République islamique d’Iran a mis en garde Ankara : le président iranien Hassan Rohani a appelé la Turquie à la retenue et à s'abstenir de toute action militaire dans le nord-est de la Syrie.

« L'inquiétude de la Turquie pour ses frontières méridionales est légitime. Nous pensons qu'il faut emprunter une voie correcte pour lever ses inquiétudes », a réagi Hassan Rohani. « Les troupes américaines doivent quitter la région, (...) les Kurdes de Syrie (...) doivent soutenir l'armée syrienne », a ajouté le président iranien.

Par ailleurs, l’Union européenne a réagi à l’offensive turque contre la Syrie.

Réagissant au lancement de l'opération turque dans le nord-est de la Syrie, Jean-Claude Juncker a exigé du Président Erdogan d'y mettre fin sous peine de se voir priver des aides financières de l'UE. « La Turquie doit cesser l'opération militaire en cours. Ca ne donnera aucun résultat ! Et si le plan de la Turquie est la création d'une zone de sécurité, n'attendez pas de financement de l'Union européenne ! », a-t-il affirmé devant le Parlement européen réuni à Bruxelles.

Dans le même temps, la France et l’Allemagne ont réclamé la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour débattre des conséquences de l’intervention militaire turque en Syrie.

Source :Press TV