Une semaine chargée pour la Russie

27.07.2021

Cette semaine, la Russie a encore mis quelques points sur quelques « i ».

Tout d’abord, le texte de Vladimir Poutine sur la Russie et l’Ukraine. Je vous recommande de lire la traduction française, sur ce site (ou la version russe sur le site du Kremlin). Il n’y a rien, dans ce texte que ne connaissent déjà ceux qui s’intéressent à l’histoire des deux pays, mais cette fois, le président russe insiste sur des points considérés en Occident comme « non politiquement corrects ». Il rompt ainsi, avec une attitude jusqu’ici plutôt tolérante, vis à vis des théories fumeuses des nationalistes ukrainiens qui cherchent, par tous les moyens, même les plus ridicules, à prouver que les Ukrainiens n’ont rien à voir avec leurs voisins russes.

Cette prise de position sonne comme un désaveu très fort de la politique des dirigeants ukrainiens récents, et, en particulier, celle de Volodymyr Zelenski. Dans son texte et dans l’entretien qu’il a donné, ensuite, à propos du texte, le président russe s’adresse à la population ukrainienne et il semble prendre date, pour un « après Zelenski ».

À la fin de cette même semaine, Sergueï Lavrov participait à un séminaire consacré à la politique étrangère de la Russie. À cette occasion, il a fermement réaffirmé la ligne générale du pays dans ce domaine. « Notre expérience des années 80 et des années 90 nous a montré, sans équivoque, que toute concession unilatérale de notre part, est vue comme un signe de faiblesse. Nos partenaires savent comment s’y prendre, ils reviennent avec de plus en plus d’exigences inacceptables. (…) C’est pourquoi nous allons mener une politique indépendante, centrée sur nos intérêts nationaux, une politique pragmatique. Et nous ne tiendrons pas compte des menaces et des ultimatums, si ce n’est pour nous y opposer fermement ».

Il ajoutait : « Alors que nous renforçons notre souveraineté et mettons tout en œuvre pour défendre la sécurité de notre pays et de ses citoyens, nous n’allons pas nous laisser aller à l’isolation ou la confrontation, j’insiste là-dessus. Et nous ne laisserons personne nous entrainer dans une course aux armements coûteuse, contrairement à ce que disent certains membres de l’opposition à l’intérieur de notre pays ». La dernière phrase sonne comme une sorte de « clin d’œil », après le test réussit du nouveau S-500 « Prométheus », un missile très, très au-dessus de tout ce qui se fait actuellement dans le monde. Le lendemain, la frégate Amiral Gorshkov lançait, avec succès, un missile hypersonique Tzirkon. Pour les experts que j’ai pu consulter, ces deux armes peuvent quasiment neutraliser l’aviation de l’OTAN pour la première et la flotte des États-Unis pour la seconde. Et pendant ce temps-là, la défense anti aérienne syrienne abattait sept des huit missiles tirés par l’aviation israélienne sur la région d’Alepp. Les Syriens semblent maintenant bien maitriser les batteries russes Pantsyr-S et Buk-M2 qui leur ont été livrées.

Et puisque nous parlons des nouveaux armements russes, je vous renvoie à l’article de Denys Pluvinage à propos du nouveau chasseur SU-75.

Sergueï Lavrov poursuivait sa mise en garde en ajoutant : « Je voudrais insister sur le fait que nous allons toujours promouvoir des objectifs de conciliation, fondés sur le droit international et la position centrale des Nations unies. Nous sommes prêts à coopérer, sans exception, avec tous ceux qui démontrent la même volonté de coopérer sur la base de l’égalité et du respect mutuel. Le fait que cette approche soit partagée par une très grande majorité des pays du monde, nous renforce dans notre détermination ».

Les médias occidentaux ne parlent pas, évidemment de ce genre de nouvelles. Mais les professionnels, et en particulier les militaires occidentaux, sont parfaitement au courant du niveau actuel des armements russes. Puissent-ils retenir les ardeurs de certains de leurs parlementaires, qui ne rêvent que de sanctions et de confrontation avec la Russie et la Chine.

Pour terminer cette semaine de « fermeté », la Russie déposait auprès de la CEDH un recours interétatique contre l’Ukraine, dont vous trouverez le détail dans l’article de Karine Bechet-Golovko.

Source : Association Franco Russe