Pourquoi les USA ne pourront frapper ni l'Iran ni la Russie?

06.11.2019

The American Conservative rapporte que le président américain a maintenu une partie de ses troupes en Syrie sous prétexte d'y protéger les champs pétroliers. « Il n’existe aucune raison légale pour cette décision. Apparemment la politique de Trump envers la Syrie navigue à vue, mais il semblerait qu'il y a quelque chose derrière qui n'ose pas dire son nom : les USA se préparent à la guerre », explique le magazine américain. 

« Les militaires de l’'armée américaine ont été envoyée en Syrie dans le cadre d'une mission visiblement trop "pétrophile" sans qu'on sache très exactement ce qu’ils ont l’intention de faire », a déclaré l'analyste américain Daniel Larison.

 

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« Les commandants de l'armée américaine qui supervisent les opérations des forces US en Syrie attendent toujours les ordres détaillés de la Maison Blanche et du Pentagone dans le cadre de leur mission de protection des champs pétroliers syriens, mais quelque chose leur dit que ce qu'ils ont à faire dépasser la simple question du pétrole. Trois semaines se sont écoulées depuis l’annonce par Trump du retrait des forces américaines du nord-est de la Syrie. Des troupes y sont pourtant retournées au nom des intérêts pétroliers qui ne sauraient être si grands en cette contrée pleine de risques qu'est la Syrie, bien que le président veuille faire croire le contraire», a ajouté cette source.

« L’absence d’instructions précises de la part de la Maison Blanche signifie que les détails précis des opérations des forces redéployées en Syrie font toujours l’objet d’un examen. Quand devront-elles être déployées sur leur base ? Quand devront-elles patrouiller ? Plus grave encore: on ignore encore contre qui iront lutter les forces US vu que les champs pétroliers syriens sont contrôlés par les forces amies à savoir les FDS. Trump se prépare-t-il à ouvrir le front de guerre direct contre l'Iran ou la Russie? Est-il sérieux quand il évoque une riposte militaire aux Russes et aux Iraniens, si ces derniers tentaient de s'approcher des puits de pétrole de Hassaké ou de Deir ez-Zor? "

 

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" Une chose est sûre : il y a une certaine ironie dans le désir souvent exprimé par le président Donald Trump de se retirer des guerres sans fin qui ont caractérisé la « guerre mondiale contre le terrorisme » lancée par George W. Bush en 2001. Le problème, c’est que Trump a exprimé ces sentiments à la fois lorsqu’il se présentait aux élections et pas plus tard que la semaine dernière, sans rien faire pour provoquer le changement. En fait, le « retrait » de la Syrie, qui a fait l’objet d’un grand battage médiatique, s’est avéré être davantage un déplacement des moyens militaires existants, les soldats quittant la frontière nord du pays pour prendre de nouvelles positions et continuer de contrôler les champs pétroliers dans le sud-est du pays à Deir ez-Zor. En fait, le nombre de soldats US en Syrie a peut-être même augmenté avec le transfert d’unités blindées de leur base en Irak. En vérité, s’accrocher aux puits de pétrole syriens n’a aucun sens, tout comme la guerre dans le nord n’a servi à rien. La production pétrolière ne suffit pas à payer l’occupation, même si le pétrole est volé et vendu avec succès, rien n’est sûr puisque le reste du monde moins Israël le considère comme la propriété de Damas". 

Et l'auteur d'ajouter : "Les vraies raisons du maintien d’une présence militaire US en Syrie sont toutes liées à Israël, qui a longtemps soutenu la fragmentation de la Syrie en ses parties constitutives, à la fois pour l’affaiblir en tant qu’adversaire et pour permettre à Tel-Aviv de voler encore plus de ses terres, éventuellement pour inclure la région peu peuplée produisant le pétrole. Mais cette fois la situation est bien différente qu'en 2011. Il y a l'Iran mais aussi la Russie qui s'opposeraient à ce que les USA s'installent définitivement dans le pays. Outre les groupes pro-iraniens qui pétillent d'impatience pour en découdre avec les USA et Israël, il y a aussi la Russie qui n'accepterait jamais que l'Amérique ou Israël remettent en cause sa toute puissant retour au Moyen-Orient. Des médias russes ont rapporté ces derniers jours que la Russie se préparait à effectuer au moins cinq nouveaux tests de missiles l'année prochaine. Ce n'est sans doute sans rapport avec ce qui se passe en Syrie. 

"En réalité, ce qui retient Washington en Syrie comme en Ukraine serait entre autres le facteur de la capacité de Moscou à utiliser des armes nucléaires tactiques au cas où la situation irait un peu trop loin. C’est un équilibre de la terreur qui ne dit pas son nom, constate un analyste de The American Conservative.  

 

Source : Press Tv