Le féminisme, une idéologie dépassée !

10.03.2016

A l'occasion de la journée de la femme, le collectif des Antigones (mouvement qui "propose un regard féminin pour sortir de l'impasse et considère que la féminité est une arme") publie une tribune dans 'Valeurs actuelles", dans laquelle il met en garde contre la « société kleenex ».

Les combats des femmes d’aujourd’hui ne peuvent être ceux des féministes d’hier : les Antigones entendent sortir de l’impasse idéologique du féminisme conventionnel, système mensonger qui détourne les femmes des enjeux réels de notre société. Notre féminité retrouvée et assumée sera notre arme pour construire le monde de demain !

Sortir de l’impasse féministe est une nécessité et une urgence.

Le féminisme conventionnel, dont les mots d’ordre n’ont pas changé depuis les années 1950, est une idéologie dépassée incapable de faire face aux enjeux réels de notre temps.

Le féminisme d’autrefois était une force de révolte et de contestation contre des normes aberrantes : nous saluons celles qui ont lutté pour rendre leur dignité sociale aux femmes, en les sortant de l’impasse du XIXe siècle bourgeois.

Mais les institutions féministes étant devenues des tentacules étatiques prônant la liberté du producteur-consommateur, il est temps de les dépasser. Pour commencer, abandonnons les combats illusoires.                   

Refuser les combats illusoires

Les féministes conventionnelles combattent encore et toujours un patriarcat imaginaire,  orientant la société vers des débats contre-productifs, sinon dangereux.

Le débat est-il vraiment celui de la parité dans les conseils d'administration ? Ne serait-ce pas  plutôt celui d'une redéfinition de notre système économique basé sur l'exploitation illimitée de nos ressources naturelles et humaines ?

Le débat est-il vraiment celui de la taxe tampon ? Ne serait-ce pas plutôt le moment de nous affranchir de la culture du jetable ? Les tampons sont toxiques et à usage unique, une coupe menstruelle se garde dix ans. Quant à la pilule, le débat est-il vraiment celui de la libre disposition de son corps ? Ne s’agirait-il pas plutôt de se reconnecter à son corps, d'apprendre à maîtriser soi-même sa fécondité pour se libérer  de cette castration chimique ?

Le débat est-il vraiment celui du partage du temps dans le congé parental ? Ne serait-ce pas plutôt celui de la redéfinition de la place de la famille dans la société ?

Le combat est-il vraiment celui du Madame ou du Mademoiselle quand des femmes sont agressées dans les rues de Cologne ? Le combat est-il  vraiment celui de l’ « égalité réelle » quand 80% des travailleurs du dimanche dans les zones touristiques sont des femmes à temps partiel ?

Nous pourrions écrire un livre sur ces faux sujets sur lesquels s'escriment les féministes actuelles ! Ce féminisme déconnecté du réel n’a aucune réponse à apporter aux Françaises.

Retrouver notre féminité

Les mouvements idéologiques des dernières décennies n'ont eu de cesse de déconstruire les rapports hommes/femmes pour mieux atomiser la société. Nous dressons de leurs actions un bilan dévastateur.

Ces raisonnements stériles ont gravement impacté les rapports entre les sexes. Pourtant, nous sommes les deux moitiés du même ensemble ! L'homme et la femme ne s'additionnent pas, ils forment un tout cohérent qui tend vers l'harmonie, ils sont interdépendants et essentiels à la fécondité de l'humanité. Le nier relève de postures politiques et idéologiques qui minent nos vies quotidiennes et hypothèquent l'avenir.

Nous pensons que la culture s'ancre dans la nature, que les différences sexuelles existent biologiquement et, en s'exprimant, structurent symboliquement la société. Il n’y a pas rupture, mais continuité et interpénétration entre la nature et ses mises en scène culturelles. Vivre pleinement son sexe biologique constitue le meilleur moyen d’en renouveler la construction sociale et d’obtenir des changements en accord avec ce que nous sommes.

Construire la société de demain

Nous ne sommes pas les victimes des hommes ou du patriarcat international. Notre combat est ailleurs : nous voulons nous libérer d’une société déshumanisée, qui n’est plus qu’une machine économique sans âme, sans passé ni avenir. Avec la complicité des féministes, les femmes sont les premières consommées et les premières consommatrices de notre « société kleenex ».

Les Antigones prônent l'autonomie des femmes et leur enracinement dans leurs familles, dans la vie locale, dans la société. Construire l’avenir est notre combat essentiel : nous ne reposons pas seulement sur nous-mêmes, et avons des comptes à rendre à nos héritiers. Alors que le féminisme beauvoirien ose affirmer que la maternité est un fardeau, une discrimination, nous considérons que donner la vie, permettre à demain d'exister, est un bel et bien un privilège. Il s’agit de créer le lien entre le passé et l’avenir, de transmettre la mémoire et le sens des choses, la chair et le sang d’une civilisation. Or la maternité est aujourd'hui mise en danger par sa technicisation : GPA, congélation d’ovocyte, demain utérus artificiel, etc.

Cela dit, les femmes ne vivent évidemment pas leur fécondité uniquement à travers la maternité. Transmettre peut se faire de mille façons et notre féminité, notre nature féconde et créatrice, est une arme dans ce combat. Cela commence par les actes : changeons nos habitudes de vie qui servent le capitalisme de séduction. Obstinément, jour après jour.

Le combat des femmes, c'est ici et maintenant. Dans la rue, les journaux et les livres pour faire entendre nos voix. Au foyer, centre d'où l'on rayonne. Dans les bois, les champs et nos jardins pour nous réapproprier la nature. Loin des systèmes idéologiques, ancrées dans la réalité de nos vies.