LA FIN DE LA DÉMOCRATIE?

12.11.2020

Le 3 novembre, Olivier Véran, ministre de la Santé, a perdu son sang-froid à l’Assemblée, insultant les députés de l’opposition et les invitant même à sortir de l’hémicycle.

Le motif de cette colère? Le ministre n’était pas content que l’Assemblée ait voté la fin de l’état d’urgence sanitaire au 14 décembre.

Mais, contrairement à ce qu’il a laissé croire dans sa diatribe hystérique, il est évident que l’opposition ne prenait, ce faisant, nullement position sur la fin de l’épidémie ni sur l’éventuelle nécessité de poursuivre l’état d’urgence au-delà du 14 décembre.

Elle se contentait de dire que c’était au parlement de décider de la prolongation de cette suspension des libertés publiques.

Bien sûr, suite à la grosse colère du ministre, les députés LREM aux ordres ont exigé un nouveau vote et, cette fois, l’état d’urgence a été prolongé jusqu’au 16 février 2021.

M. Véran a ainsi montré tout le cas que le gouvernement faisait de la démocratie, dont les ministres et la majorité parlent à longueur de journée.

Tout d’abord, il a montré le cas qu’il faisait du parlement.

Il est insensé qu’un ministre, qui est simplement nommé et qui tient sa légitimité de la majorité parlementaire, se permette d’insulter ainsi publiquement le parlement.

Que ce ne soit «que» l’opposition qui ait été visée n’est pas spécialement rassurant sur le respect des opinions dissidentes qui caractérise nos «chers» dirigeants.

Plus grave encore, M. Véran montre à quel point il se moque des libertés publiques.

Car, enfin, si l’état d’urgence sanitaire doit être voté par le parlement, ce n’est pas pour le plaisir de perdre du temps en parlottes. C’est parce que l’état d’urgence met à mal les libertés publiques et que l’on ne peut s’en satisfaire.

Certes, il peut arriver que certains motifs justifient cette suspension des libertés publiques, mais, si l’on considère que ce n’est que temporaire, il est sain que le parlement soit ressaisi fréquemment de la question.

Il est vrai que M. Macron se moque comme d’une guigne de nos libertés (au point d’avoir inséré dans le droit «normal» plusieurs éléments de cet état d’urgence) et d’avoir pratiquement tué toute liberté d’expression sur internet.

Pour faire bonne mesure, il est désormais possible que les élections locales de mars, où tout annonce une débâcle pour LREM, soient reportées.

C’est tellement plus simple une «démocratie» où le peuple n’a que le droit de se taire!

Source : Les 4 Vérités