Téhéran convoque les ambassadeurs de France, de Belgique ainsi que le chargé d’affaires d’Allemagne

Jeudi, 5 juillet, 2018 - 11:53

À peine 24 heures après une réunion des Moujahidine du peuple (OMK) dans la banlieue parisienne où les orateurs ont prôné une guérilla armée dans les rues de Téhéran, la police belge a annoncé avoir arrêté deux belges d'origine iranienne qui selon elle préparaient à attaquer les participants à cette réunion. Dans la foulée et alors que le président iranien se trouvait en visite en Suisse puis en Autriche, les médias français belges et autrichiens ont accusé un diplomate iranien en poste à Vienne d'être en rapport avec cette soi-disant affaire. Mais la mayonnaise n'a pas pris: les deux belges que la France et la Belgique voulaient mettre en rapport avec Téhéran sont des ex-Moujahidine du peuple! L'un des prévenus est également un proche de la direction de OMK. Pourquoi cette nouvelle tentative de rattacher des attentats terroristes à l’Iran? Dans la foulée, et bafouant le droit international, le diplomate iranien vient d'être arrêté. En réaction, l’Iran a convoqué mercredi 4 juillet les ambassadeurs de la France et de la Belgique ainsi que le chargé d’affaires de l’ambassade d’Allemagne au ministère des Affaires étrangères. 

Le ministère a signé la vive protestation de l'Iran à la France et à l'Allemagne après l'arrestation du diplomate iranien en poste à Vienne et ce, à la demande de Paris. Pour l'Iran, il est tout de même extraordinaire que la France, elle-même victime de Daech, apporte un si large appui à une organisation (OMK) dont les membres pratiquent le même terrorisme sectaire que les daechistes.  

« Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqtchi, a rencontré les hauts diplomates français, belge et allemands pour leur faire part de vive protestations de Téhéran à la suite de l'arrestation du diplomate à Vienne. », a souligné le porte-parole de la diplomatie iranienne, Bahram Qassemi.

Rappelant à ses interlocuteurs que la Convention de Vienne conférait l'immunité diplomatique aux membres du corps diplomatique des pays, Araqtchi a appelé à la libération "immédiate" et "sans conditions" du diplomate iranien. Car en plus de se rendre coupable d'infraction à la résolution 1373 du Conseil de sécurité de l’ONU qui réaffirme l’obligation qui pèse sur les États de "s’abstenir de soutenir, de quelque manière que ce soit, toute activité terroriste", la France viole le droit qui accorde à tout diplomate une immunité diplomatique. 

« L’implication de l’OMK dans ce mascarade est manifeste, étant donné des explosives qui ont été saisis lors de l’interpellation de deux membres arrêtés de ce groupuscule terroriste dans le cadre de cette affaire » a relevé Abbas Araqtchi avant d’évoquer les politiques de principe de la République islamique d’Iran qui consiste à lutter contre le terrorisme, ne serait qu'au prix d'un engagement armé hors de ses frontières. 

L'ambassadeur de Belgique a également été convoqué, par le ministère iranien des Affaires étrangères pour fournir des explications au sujet de la demande de Bruxelles de l’extradition du diplomate iranien arrêté en Allemagne, soulevant ainsi les protestations de Téhéran.

Les ambassadeurs français et belge ainsi que le chargé d’affaires allemand ont promis de transmettre immédiatement les protestations de l’Iran à leurs pays respectifs.

À quoi joue la France? 

Les informations sur la soi-disant attaque déjouée contre le rassemblement de Paris sont apparues à la veille de la visite du président iranien Hassan Rohani en Suisse et en Autriche. Il va sans dire que le coup visait à "intimider l'Iran" et à en "désarmer le président" alors qu'il se trouvait en Europe pour contribuer aux efforts destinés à sauver l'accord nucléaire de 2015, un accord qui profite largement à l'Europe et qui a été vicié par l'Amérique anti-européenne de Trump justement pour cette même raison. 

Or, au lieu de tenter de préserver ses propres intérêts, la France ne cesse de se placer du côté des Américains: il en va ainsi de ses tentatives pour fabriquer un contexte destiné à faire le lit d’un sentiment anti-iranien. Outre la large couverture accordé au "Congrès annuel" d'un groupuscule terroriste que les médias français tentent d'ériger en rang d'"opposition légitime", la France tente d’impliquer l’Iran dans des attentats terroristes. À vrai dire, les attentats, devenus une arme de destruction massive pour l’Occident, sont des contextes dans lesquels les gouvernements occidentaux peuvent tout se permettre, comme avec les armes chimiques en Syrie. 

Une chose est sûre : "la ligne iranienne de l'Élysée est confuse avec un président Macron qui est dans l’obligation de respecter plusieurs paramètres contradictoires : obéir à Israël, ne pas trop heurter Trump d'une part et tenir compte des intérêts français de l'autre, estime Hadi Mohamadi, analyste politique qui revient sur l'affaire des deux belges arrêtés : « Nous sommes en plein scénario de false flag qui ne tient pas debout. En effet, l’Iran a toujours eu des "opposants" dans les pays occidentaux, particulièrement en France, qui abrite le groupusule terroriste OMK. Pour lutter contre les infiltrations de ce genre d'organisation terroriste, l’Iran a des moyens mille fois plus efficaces que de leur envoyer quelques grammes de plastique. On tend à se poser la question : à qui profite cette affaire? ce n'es sans doute ni la France, ni l'Europe mais bien Israël dont le Premier ministre a très clairement demandé à l'Europe de couper tout lien avec l'Iran ». 

Source : Press TV