Les États-Unis en colère contre les nouvelles positions de Beyrouth

Lundi, 11 mars, 2019 - 13:32

Washington en veut aux autorités libanaises, notamment au président Michel Aoun et à son ministre des Affaires étrangères, non seulement pour leur soutien au Hezbollah, mais aussi pour leurs efforts dans le sens d’un rapprochement avec la Russie.

El-Nashra News revient sur la prochaine visite du président Aoun en Russie et écrit : les sanctions et les pressions que les États-Unis exercent sur le Hezbollah renvoie en grande partie à l’Iran et à ses relations avec la Résistance. Mais ce n’est pas tout. À la faveur de la guerre en Syrie, la Russie s’est rapprochée du Hezbollah et elle est de plus en plus présente sur la scène libanaise. De quoi inquiéter les Américains, mais aussi et surtout Israël. Pourquoi ? 

Aoun s’apprête à renforcer les liens avec la Russie dans trois domaines particulièrement sensibles : l’énergie, le militaire et les réfugiés. 

Le Liban a déjà signé des contrats avec le géant pétrolier russe Rosneft et la visite de Michel Aoun devra aboutir à de nombreux accords entre les deux parties. 

Mais l’énergie n’est qu’un des secteurs qui inquiètent les Américains et les Israéliens quand ils envisagent une présence russe au Liban.

Les Américains ne veulent surtout pas d’un rapprochement militaire de la Russie avec le Liban. Les Israéliens n’ont pas oublié la demande du président libanais à Moscou de placer l’espace aérien libanais sous la protection du système de défense aérienne russe déployé en Syrie, demande qui n’a pas laissé Moscou indifférent.

Washington a menacé qu’en cas de coopérations militaires entre les deux pays, il cesserait de fournir des armes et des munitions à l’armée libanaise, qui depuis plus de dix ans, ne cesse de s’alimenter auprès des États-Unis. Aide trop aléatoire qui n’a jamais suffi à assurer la sécurité libanaise. À vrai dire, les Américains savent que Beyrouth ne pourrait refuser leur demande, car la dépendance du pays aux armements américains reste entière. 

Paradoxalement, les coopérations militaire et énergétique de Moscou avec le Liban se noueraient de façon inquiétante. Les deux parties ont signé un accord pétrolier à Tripoli selon lequel les Russes contrôleront pour une durée de 20 ans les réserves pétrolières du Liban. Or la zone d’action énergétique où les Russes mènent leur exploration se trouve à seulement quelques kilomètres de la base aérienne américaine de Hamat.

Le Liban tient aussi à résoudre l’affaire des réfugiés syriens grâce au plan élaboré par Moscou. C’est une des priorités du président libanais qui sera évoquée lors de sa visite à Moscou. Mais là aussi, la parfaite entente russo-libanaise inquiète. Les Occidentaux entravent la mise en œuvre de tout processus censé faciliter le rapatriement des milliers de réfugiés syriens et leur contribution à la reconstruction de la Syrie. Suprême chantage, les Américains ont d’ailleurs conditionné l’octroi de l’aide décidée lors de la conférence CEDRE, tenue le 6 avril 2018 à Paris, au maintien des réfugiés syriens au Liban.

La récente visite de Satterfield au Liban n’a donc pas seulement servi de tribune à la désapprobation du Hezbollah. Elle s’est aussi résumée en substance à une réclamation : soit vous vous alignerez sur nous, soit sur les Russes. Reste à savoir quelle serait la réponse de Beyrouth. La prochaine visite de Mike Pompeo dans le pays devrait donc être l’occasion de recevoir cette réponse et, de toute évidence, elle ne saurait satisfaire entièrement Washington.

Les menaces US contre le Liban resteront sans effet. La Russie pourra facilement et rapidement renforcer sa présence au Liban, supplantant ainsi les États-Unis. Les Russes entretiennent non seulement de bonnes relations avec le Liban, mais sont aussi alliés avec deux grands acteurs de la région, l’Iran et la Turquie.

 

 

 

Source : Press TV