Le RN va “surveiller de près” les eurodéputés français

Mercredi, 3 juillet, 2019 - 11:58

Le parti de Marine Le Pen va mettre en place un observatoire des votes pour y trouver des arguments de campagne.

Cette fois, le RN veut avoir un coup d’avance. Frustré, lors de la dernière campagne européenne, de n’avoir pu analyser le bilan de LREM, qui honore son premier mandat à Bruxelles, pour s’en servir comme argument de campagne, le parti de Marine Le Pen va mettre en place une surveillance étroite des votes de ses opposants politiques, selon une information de France Inter. « On va surveiller de près » les 21 élus macronistes qui peuplent désormais l’hémicycle européen, a prévenu, en ce sens, Nicolas Bay, vice-président du groupe identité et démocratie au Parlement. 

Relever les éventuelles contradictions

Pour cette nouvelle législature, le RN va donc mettre en place une sorte d’observatoire des votes. Cette mission toute particulière sera confiée aux assistants parlementaires accrédités à Bruxelles et Strasbourg, et sera dirigée par Philippe Olivier, conseiller et beau-frère de Marine Le Pen. Leur rôle ? Eplucher méticuleusement tous les procès-verbaux du Parlement européen, pour relever d’éventuelles contradictions entre les promesses de campagne et les votes dans l’hémicycle. « Il faut aussi que notre présence en commission soit plus utile », avance un autre eurodéputé RN. « Tant pis si nos projets ne passent pas, il faut qu’on en profite pour soulever toutes les compromissions des élus français » au sein des 22 commission permanentes, poursuit-il. 

Combattre le nouvel « UMPS » auprès des électeurs français 

Par ce décorticage, le RN entend repérer tous les textes sur lesquels les socialistes, écologistes, macronistes et élus de droite s’entendent. « On va réussir à prouver que cette bande de quatre avait, en fait, un programme commun », espère Philippe Olivier. « Pendant la campagne, je n’arrêtais pas de répéter que voter Bellamy, c’était comme voter Loiseau ou Jadot », explique d’ailleurs l’ancien LR Thierry Mariani. Cet « UMPS » version 2019 est devenue quasiment indispensable au fonctionnement de l’UE, remarque France Inter. Auparavant, la majorité reposait dans les mains des socialistes et du PPE, rappelle aussi la radio. Aujourd’hui, les deux auront besoin des voix des libéraux et/ou des Verts pour faire passer des projets. Une logique d’alliance qui est inhérente au Parlement européen, et que les électeurs français ne connaissent pas. « Dans notre Ve République, on est pour ou contre le Président, et celui qui négocie, c’est celui qui magouille », analyse un cadre du RN. Une aubaine pour son parti qui ne manquera pas de se servir de l’argument. 

Source : Valeurs actuelles