Le compte à rebours est commencé, le Québec français disparaîtra en 2035

Vendredi, 6 octobre, 2017 - 11:15

« La démographie, c'est le destin » - Auguste Comte

Dans la quiétude du mois d’août a atterri avec fracas sur le bureau de Vigile une étude aux conclusions alarmantes, voire même effrayantes, que nous avons décidé de partager avec nos lecteurs après avoir pris de nombreuses précautions pour nous assurer de la fiabilité de ses conclusions. Vous trouverez le texte complet de cet article en format PDF au bas de cet éditorial.

En voyant ce pavé atterrir sur mon bureau, je me suis senti brusquement reporté en arrière de 22 ans alors que, en ma qualité de ministre délégué à la Restructuration, chargé des études référendaires, je devais rendre publique une série d'études censées convaincre les Québécois de voter OUI au référendum.

J'ai eu l'occasion à plusieurs reprises au cours des dernières années d'expliquer ici-même sur Vigile en quoi la démarche que nous avions alors suivie était inadéquate. Pour faire court, ces études constituaient une mise à jour de celles qui avaient été effectuées pour la Commission Bélanger-Campeau, et ne répondaient que de façon très incomplète et imparfaite aux besoins d'information des Québécois avant de prendre une telle décision.

J'ai donc hésité avant de m'associer à la diffusion de la présente étude, très conscient qu'elle risquait de rappeler de mauvais souvenirs. Si je m'y suis résolu, c'est qu'elle contient des informations que les Québécois doivent absolument connaître car elles sont déterminantes pour leur avenir en tant que peuple et nation.

À sa face même, cette étude présente toutes les caractéristiques d’un travail de recherche répondant aux critères les plus élevés de l’excellence académique et scientifique. La méthodologie y est clairement exposée, les sources sont irréprochables, les calculs justifiés et expliqués, bref, un modèle du genre. Il y avait toutefois un problème.

Devant un tel document, le premier réflexe est de se renseigner sur l’auteur. Or après une courte recherche, nous nous sommes rendus compte que l’auteur avait choisi d’employer un pseudonyme. Dans la mesure où le nom de l’auteur est le premier élément de la validation d’une telle étude, sa publication posait problème, aussi intéressante et pertinente pouvait-elle être.

Nous pûmes cependant entrer en contact avec l’auteur et convenir avec lui d’une rencontre où il nous révélerait son identité réelle, ses qualifications, les motifs de son désir de rester anonyme, et répondrait à quelques unes de nos interrogations sur la solidité de ses prémisses. La rencontre eut lieu chez l’auteur dimanche le 27 août dans une petite municipalité sise dans un rayon de 100 km de Montréal. Pour l’occasion, Vigile était représenté par Alexandre Cormier-Denis et le soussigné.

L’auteur est un jeune Québécois d’une trentaine d’années. Il est ingénieur de formation et titulaire d’une maîtrise en sciences. C’est un spécialiste de l’analyse des données, et il a une passion personnelle pour l’histoire et la démographie. Il a entrepris ce travail il y a deux ans et y a appliqué toute la rigueur méthodologique à laquelle sa formation l’a préparé. Cette rigueur transparaît à toutes les lignes de son étude.

Constatant les réactions que suscitait son initiative dans certains milieux de recherche, il a compris qu’il abordait un terrain miné, et que son incursion dans le domaine de l’ethnicité et de la démographie risquait de lui porter préjudice sur les plans personnel et professionnel, ce que nous avons été à même de lui confirmer sur la base de nos propres expériences.

Satisfaits des explications que nous avons reçues sur le sérieux et les compétences de l’auteur et la solidité de ses prémisses, nous sommes heureux de contribuer à la diffusion de son étude dont les conclusions méritent d’être largement connues de tous les Québécois.
Elle a comme premier mérite de dissiper comme une douche froide certains mythes sur la diversité des origines des Québécois. Son premier tableau révèle en effet que les Canadiens-Français du Québec sont à 89,8 originaires de France, à 5 % originaires de l’Acadie, 1,5 % originaires de Grande-Bretagne, 1,4 % d’origine autochtone, 1 % d’autres pays européens, 0,6 % d’origine irlandaise et 0,4 % d’origine allemande. Rares sont les pays dont la population est si homogène sur le plan de ses origines.

Malgré tout, la conclusion est implacable : « En résumé l’analyse démontre que le nombre des immigrants est si élevé que les CFQ (Canadiens-français du Québec), qui étaient très largement majoritaires il y a une génération, deviendront minoritaires dans moins d’une génération. » D’où l’urgence absolue d’obtenir le plus rapidement possible le plein contrôle, je répète, le plein contrôle, sur notre immigration.

Et le pire est que, selon des données de l'Institut Fraser mises à jour en 2014, notre politique d'immigration massive coûte au Québec 4 à 6 milliards $ nets par année. Nous nous nous trouvons donc à financer notre propre extinction. Plus complaisants que ça... tu meurs !
Voici les faits saillants de l’étude dégagés par l'auteur :

I - Rappel de la littérature
♦ 95% des ancêtres des Québécois catholiques mariés entre 1945 et 1965 (baby-boomers) ont immigré de France avant 1760 (*Vézina 2005)
♦ En 1971, 79% des Québécois appartenant au groupe ethnique canadien-français (*Robert Maheu 1973)
II - Les résultats
♦ En 2014, le poids démographique des Canadiens français était de 64%
♦ Le poids démographique des Canadiens français à diminué de 0.5% par année au cours des dernières années
♦ Les projections supposent que les Canadiens français passeront sous la barre des 50% à l’horizon de 2035
♦ En considérant le taux d’immigration, la fécondité des natifs et des immigrés, les taux de mortalité, le taux de rétention des immigrants, le métissage et les migrations interprovinciales, on constate que le principal facteur causant la chute du poids démographique des Canadiens-français est de loin les niveaux élevés d’immigrants s’installant au Québec
♦ La comparaison des rapports de dépendances avec et sans immigration montre que l’immigration ne renverse pas la tendance du vieillissement de la population; elle ne fait que l’atténuer
III - Validation des résultats par rapport à d’autres études
♦ Les travaux de Jacques Henripin supposent que 50% des Québécois de l’an 2050 descendront des Québécois de 1981. En considérant l’ethnie canadienne-française, ses travaux pointent vers une minorité dans l’horizon 2030-2040 (*Henripin 1987)
♦ En janvier 2017 Statistique Canada publiait une étude affirmant que les immigrants de première et deuxième génération pourraient représenter 46 à 50% de la population canadienne en 2036 (**Morency 2017)
► * Références disponibles dans le document
►  ** Morency J.D., Caron-Malenfant E. et MacIsaac S. (2017) Immigration et diversité : projections de la population du Canada et de ses régions, 2011 à 2036, Statistique Canada, http://www.statcan.gc.ca/pub/91-551-x/91-551-x2017001-fra.htm

Source : https://vigile.quebec/articles/le-compte-a-rebours-est-commence-le-quebec-francais-disparaitra-en-2035