Téhéran appelle Pyongyang à agir avec prudence

12.06.2018

Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, ce lundi 11 juin, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qassemi, a évoqué diverses questions d’ordre régional ou international, sans omettre d'évoquer la rencontre prévue entre le président américain et le leader nord-coréen.

À l’approche de la très attendue rencontre entre le président américain et le dirigeant de la Corée du Nord, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qassemi, a éclairci la position de la RII envers les questions liées à la péninsule nord-coréenne.

 

Qassemi a affirmé que Téhéran saluerait tous les pas franchis dans le sens du bien-être du peuple nord-coréen et pour aider au développement de la Corée du Nord, et d’ajouter :

« Eu égard aux antécédents des États-Unis surtout de la personne de M. Trump qui, depuis son arrivée à la Maison Blanche, a fait preuve de multiples cas d’infraction aux traités internationaux notamment le Plan global d’action conjoint [PGAC, accord sur le nucléaire iranien], nous restons pessimistes.»

Il faudrait rappeler en passant qu’à en croire le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, l’unique issue envisagée par Washington en ce qui concerne la rencontre Kim-Trump serait la dénucléarisation de la Corée du Nord.

La Corée du Nord devra donc agir avec prudence. Nous soutiendrons tous les pas favorisant la paix et la sécurité sur la péninsule coréenne et qui défendent les intérêts du peuple nord-coréen, mais nous restons méfiants quant aux véritables intentions des États-Unis. »

 

Qassemi n’a pas manqué, non plus, de parler de la crise syrienne. Il a affirmé qu’il n’y avait aucune nouvelle prise de position, côté russe, sur la présence iranienne en Syrie, et d’ajouter :

« Les positions de Téhéran et Moscou sur la Syrie sont claires. Nos concertations se poursuivent dans le cadre du processus d’Astana. Les présidents russe et iranien ont d'ailleurs eu une rencontre dimanche. Notre présence en Syrie a été à la demande du gouvernement syrien et avec pour but de contribuer à la lutte contre le terrorisme. Ce que disent certains médias au nom des autorités russes n’a pas été confirmé lors de négociations entre les deux parties et nous continuerons donc notre collaboration avec la Syrie comme il se doit, jusqu’à ce que ce pays retrouve complètement le calme et la sécurité. »

Et en ce qui concerne l’accord nucléaire, le porte-parole de la diplomatie iranienne a affirmé que si les Européens souhaitaient vraiment que l’Iran reste dans l’accord, ils devraient faire aboutir, dans les plus brefs délais, leurs efforts et mesures dans le cadre de leurs engagements pris par le PGAC. « Ceci concerne bien évidemment, la Russie et la Chine également », a-t-il précisé.

Qassemi a pourtant rappelé que la patience de l’Iran avait des limites, vu l’expérience du passé et les manquements de l’autre partie envers ses engagements. « Je ne peux pas donner de date précise mais je peux dire que l’Europe n’a plus beaucoup de temps », a-t-il ajouté.

 

Source : PressTV