Syrie : Les Kurdes prêts à rejoindre les forces armées gouvernementales

30.11.2017

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), composées majoritairement d'unités kurdes, seront prêtes à adhérer à l'armée nationale syrienne une fois qu'un compromis sera trouvé sur le processus de paix.

C'est ce qu'a déclaré le représentant du Parti de l'Union démocratique kurde en Russie Abd Salam Ali. Le parlement syrien a noté que les Kurdes faisaient «partie intégrante de la société» et que s'ils étaient prêts à agir dans l'intérêt du pays «il n'y aurait aucun obstacle à la réunification de leurs unités avec les forces armées officielles». Les experts pensent qu'un tel scénario renforcerait la souveraineté de l'État et rassurerait Ankara, qui considère les organisations kurdes comme terroristes. Mais le processus d'intégration des FDS aux forces armées suscite bien des questions. Selon le quotidien Izvestia.

 

«Si une solution acceptable pour tous était trouvée, l'adhésion des FDS à l'armée syrienne serait une évolution logique de la situation. Nous n'avons jamais soulevé la question de leur mise à l'écart ou de leur séparation. Au contraire, les Kurdes cherchent à fixer leurs droits et ceux d'autres ethnies dans le cadre d'une Syrie unie», a déclaré Abd Salam Ali.

 

Alan Bakr, député syrien du parti Baas au pouvoir, a déclaré que l'intégration des structures militarisées à l'armée du pays impliquait que les Kurdes partagent les objectifs des forces armées nationales.

«Nous ne faisons pas de distinction entre les ethnies, les religions et les confessions. Il s'agit du peuple syrien et de la société syrienne. Si un citoyen respecte la Constitution, soutient la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays, il ne peut y avoir aucun problème. Les problèmes commencent quand des groupes isolés commencent à réaliser des plans étrangers dans le pays», a-t-il précisé.

 

Les FDS ont été créées en octobre 2015. Elles regroupent les sections kurdes d'autodéfense populaire, ainsi que des unités arabes et d'autres groupes. Leur objectif initial était la lutte contre Daech et d'autres groupes terroristes. Les FDS contrôlent actuellement de vastes territoires au nord et à l'est de la Syrie. En octobre, ce sont les FDS qui ont libéré des terroristes la ville de Raqqa, considérée comme la capitale de Daech.

 

Washington a apporté une aide significative à la formation de ces forces, en leur fournissant jusqu'à très récemment des armes et des équipements militaires — ce qui a été confirmé à plusieurs reprises par des représentants américains. De plus, des conseillers américains aidaient les Kurdes à mener des offensives contre les positions des terroristes. Récemment, le président américain Donald Trump a annoncé qu'il avait déjà ordonné de suspendre cette coopération.

«Cela réglera de nombreuses questions, tout en suscitant d'autres. A quel titre les unités kurdes rejoindraient-elles l'armée syrienne? L'intégreraient-elles à part entière? Ou s'agira-t-il d'une structure autonome au sein des forces gouvernementales? Bien des choses dépendront des réponses à ces questions», estime le professeur Grigori Kossatch de la chaire d'études orientales contemporaines à l'Université russe des sciences humaines.

Quoi qu'il en soit, les Kurdes et l'armée syrienne devront chercher des points de convergence. L'existence de groupes armés parallèles aux forces gouvernementales, même s'ils ont combattu Daech auparavant, représente une menace pour la souveraineté de la Syrie. C'est pourquoi à terme les parties devront trouver une formule d'unification. Le plus important est que Damas et les FDS acceptent ce scénario.

 

Source : Sputnik