Quand Facebook s’attaque à la liberté d’information

31.10.2017

 

Facebook se mêle toujours plus de politique. Une expérience du principal réseau social mondial va porter atteinte à la pluralité de la liberté d’information sur Facebook et aux possibilités de mettre en avant sa marque ou son entreprise sur cette plateforme !

Aujourd’hui, dans votre fil d’actualité, vous êtes habitués à voir les posts de vos amis, les interactions de ces derniers sur des pages Facebooks, des statuts d’amis… Vous observez également les contenus de certains posts de « page » Facebook. Il peut s’agir de marques de mode, de partis politiques, de médias, etc.

Depuis plusieurs années, la portée (Reach) des publications de ces pages Facebook ne cesse de baisser à la suite de plusieurs modifications des algorithmes Facebook. Officiellement Facebook précise qu’elle ne veut pas que les pages polluent votre fil d’actualité. Grâce au Big Data, c’est donc Facebook qui choisit quel type de publication peut vous intéresser, et la publication se retrouve dans votre fil d’actualité.

Facebook va encore plus loin…

Facebook réalise un nouveau test dans 6 pays, dont la Serbie et la Slovaquie en Europe. Facebook met dorénavant en place dans ces pays 2 fils d’actualité :

 

- Le fil d’actualité principal où se trouvent les publications de vos amis, des groupes… Ainsi que les posts payants des pages !

- Un autre fil, disponible dans le menu (donc difficile d’accès et peu connu) affiche l’ensemble des publications des pages que vous aimez…

 

Ainsi Facebook montre clairement qu’il veut augmenter davantage ses revenus publicitaires, car les publications sponsorisées s’affichent dans le fil d’actualité principal contrairement aux publications organiques…

 

Ce nouveau test est très inquiétant pour l’ensemble des pages présentes sur Facebook. Les grandes entreprises, les médias les plus puissants pourront sponsoriser fréquemment leurs publications afin que ces dernières soient vues par les membres. Les petits médias, partis d’oppositions, blogs, etc. toucheront moins de monde sur les réseaux sociaux et ne pourront sponsoriser des publications qu’au compte-gouttes.

Cette affaire montre clairement le virage que veut prendre Facebook. A l’origine, réseau social, Facebook est devenu média social; compte-t-il devenir un média tout court ?

La victoire du Brexit en Grande-Bretagne, les mécontentements civils dans l’ensemble de l’Europe, mais surtout la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, autant d’événements qui ont été rendu possibles ou ont pu émergé grâce aux sites alternatifs et aux réseaux sociaux, ont en effet de quoi irriter les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) et tous les partisans de la Silicon Valley acquis à l’idéologie libérale-libertaire.

En France, pays démocratique, les réseaux sociaux permettent de mettre en avant les profondes divergences entre le pays légal (médias) et le pays réel (les citoyens). Force est de constater que même dans les pays démocratiques, les médias ont tendance à se constituer en petite caste afin d’imposer leur idéologie à l’ensemble des citoyens…

On peut se demander si la décision prise par Facebook ne vise pas à empêcher les petits partis politiques, les blogs, les médias de moindre portée de toucher un large public ? Dans le fil Facebook de demain, ça ne sera pas la qualité du contenu qui sera mise en avant, mais les $ que vous pourrez payer à Facebook !

À titre d’exemple, le journaliste slovaque Filip Struhárik a réalisé une analyse des pages Facebook de 60 médias slovaques. Depuis la mise en place de ce test, l’engagement (interactions, j’aime, partages, commentaires…) a été divisé par 4 !

Il est encore temps de profiter de la portée organique de votre page sur Facebook avant de devoir toucher à votre assurance vie…

 

 

Source : Medium