A l’heure où l’Europe est envahie, souvenons-nous de la bataille de Lépante

09.10.2017

Le 7 octobre, l’Église catholique fête Notre Dame du Rosaire. Cette dévotion particulière à la Vierge Marie a été instaurée par le pape Pie V en 1571 afin de célébrer la victoire navale de Lépante le 7 octobre 1571.

Si le pape Pie V a souhaité mettre à l’honneur Notre Dame et la remercier de son intercession, nous devons nous souvenir qu’en ce dernier tiers du XVIème siècle, l’Europe était sous la menace militaire de l’Empire Ottoman alors à son apogée.

Ayant conquis Constantinople le 29 mai 1453, l’Empire Ottoman régnait depuis lors sur la Méditerranée orientale et visait la conquête de l’Europe afin de la soumettre à la fois islamique. Progressivement, les armées ottomanes prirent pied dans les Balkans dès les années 1520, conquérant la Hongrie et mettant le siège sous les murs de Vienne en 1529.

Vaincus sur terre par les troupes impériales, les Ottomans décident de faire porter leur effort militaire sur mer. Rapidement ils conquièrent la moitié orientale du bassin méditerranéen. Les nations européennes, désunies et affaiblies n’ont pour rempart que l’Ordre souverain des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, devenu lors de son installation à Malte, l’Ordre souverain de malte. Cet ordre hospitalier et militaire, hérité des Croisades, réussit à contenir l’avance ottomane, malgré la perte de l’île de Rhôde en 1523.

Installé à Malte par décision de l’empereur Charles Quint en 1530, l’Ordre de Malte maintient sa position malgré les tentatives ottomanes de conquérir l’île, dernier verrou d’accès à la Méditerranée occidentale. L’île soutien un siège très dur en 1565, mais malgré sa nette supériorité, la flotte ottoman est vaincue et obligée de se retirer.

Toutefois, en 1570, le Sultan Sélim II, fils de Soliman le Magnifique réussit à conquérir l’île de Chypre. Cette nouvelle avancée provoque un sursaut salvateur de la Chrétienté.

A l’appel du pape Pie V se forme une alliance internationale, appelée la Sainte-Ligue, réunissant à partir du printemps 1571 la République de Venise, les États des Habsbourg d’Espagne, de Naples et de Sicile, le Saint-Siège ainsi que l’Ordre de Malte et diverses principautés italiennes.

La flotte réunie par cette alliance est placée sous les ordres du prince Don Juan d’Autriche, fils adultérin de l’empereur Charles Quint et demi-frère du roi d’Espagne Philippe II.

La flotte de la Sainte-Ligue compte 206 galères et 30 000 combattants. Elle rencontre la flotte ottomane, forte de plus de 300 navires et 40 000 soldats, dirigée par Ali Pacha, à Lépante dans le Golfe de Patras en Grèce.

Cet affrontement naval, le plus grand de l’Histoire depuis la bataille d’Actium en 31 Avant Jésus-Christ qui vit la victoire de la flotte romaine d’Octave sur la flotte égyptienne de Cléopâtre et Marc-Antoine, est une victoire décisive.

En effet, après des heures de durs combats, la flotte turque a perdu 50 navires coulés, 137 navires capturés et 20 000  de ses combattants tués, blessés ou capturés. En outre plus de 12 000 esclaves chrétiens sont libérés.

Le retentissement de cette victoire est tel, que les Ottomans ne prendront plus jamais le risque d’essayer de conquérir le Méditerranée occidentale.

Un siècle plus tard, l’Empire Ottoman connaît, sous les murs de Vienne cette fois, une déroute militaire terrestre qui sonne le glas de l’avancée turque en Europe.

A l’heure ou notre civilisation est menacée de disparition, souvenons-nous de la bataille de Lépante, cet épisode glorieux de l’histoire européenne.

Il nous montre que, guidée par sa Foi, la civilisation européenne peut triompher des plus grands périls.

A nous d’être digne de cet héritage.