Conflit syrien : la honte de l’histoire

21.09.2016
Le ton monte entre Washington et Moscou. Les deux capitales s’accusent mutuellement d’avoir rompu la trêve en Syrie. Lundi, le bombardement d’un convoi humanitaire a forcé le retour aux conflits. A la tribune de l’ONU, François Hollande a exhorté les deux camps à prendre leur responsabilité devant l’histoire.

François Hollande n’avait qu’un mot à dire :”ça suffit”. Le président français a tenté de faire preuve d’autorité sur le dossier syrien pour le dernier discours onusien de son quinquennat.

Le chef de l’Etat a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à se réunir dans les meilleurs délais, appelant Américains et Russes à cesser de se renvoyer les responsabilités.

En effet, mardi, la Maison Blanche a affirmé qu’elle tenait la Russie pour responsable du bombardement d’un convoi humanitaire en Syrie et cela en pleine trêve. De son côté, la Russie a condamné « avec indignation et colère » des allégations « sans fondement et hâtives », faites par des « protecteurs de terroristes et de bandits ». La diplomatie de Moscou a également invité ses collègues américains à cesser de bombarder l’armée syrienne. Le 17 septembre à Deir ez-Zor, l’aviation américaine avait tué 80 soldats de l’armée de Damas qui faisaient face à une offensive de l’Etat islamique. Le secrétaire d’Etat John Kerry a toutefois assuré qu’il souhaitait maintenir le dialogue avec son homologue russe Sergeï Lavrov pour trouver une solution. De son côté, François Hollande a demandé le départ du porte-avions Charles De Gaulle vers la zone de conflit. Face à cet imbroglio, l’ONU a suspendu la circulation de ses convois en Syrie. Dans Alep et sa province, au moins 40 civils sont morts depuis lundi.