Ce que révèle l’affaire de Ploërmel sur la République française

08.11.2017

Depuis le 25 octobre dernier, la petite ville de Ploërmel, paisible bourgade du Morbihan, est le théâtre d’une querelle typiquement française. Dans cette terre de Bretagne, particulièrement irriguée par le christianisme depuis les origines, où la piété populaire est un des marqueurs de l’identité de la région, au pays des calvaires et des “pardons”, une croix est au centre de toutes les polémiques et déchaîne contre elle les haines et les passions les plus recuites.
Pensez donc, en pleine terre de chrétienté, à quelques kilomètres de Sainte Anne d’Auray, le Lourdes breton, où des centaines de milliers de pèlerin viennent honorer la sainte patronne de la Bretagne en la personne de la mère de la Sainte Vierge, la mairie de Ploërmel a eu l’idée saugrenue de faire ériger un monument à la gloire de Saint Jean-Paul II… Quel horreur, un monument à la gloire du pape qui a terrassé le communisme et qui durant son pontificat, n’a cessé de rappeler les impératifs du magistère en matière de morale. La statue du pape canonisé par le pape François en 2014 n’est pourtant pas l’objet du délit… Ce qui soulève l’ire des biens pensant républicains et laïcards, c’est que l’artiste qui a exécuté la statue a eu le mauvais goût de la surmonté d’une croix.
Horroresco referens! Une croix en terre chrétienne, dans l’une des provinces les plus imprégnées de catholicisme de toute la France, elle-même Fille aînée de l’Eglise, voilà où est le scandale… En effet, la Fédération morbihanaise de la libre pensée harcèle la mairie de Ploërmel depuis deux ans pour qu’elle retire la croix de ce monument. Devant la mauvaise volonté manifeste de l’édile de la commune, vraisemblablement trop attaché aux signes de la superstition, la Libre pensée du Morbihan a saisi le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative française, pour qu’il fasse cesser ce trouble manifeste à l’ordre public et cette atteinte inqualifiable à la “sainte” laïcité.
Le 25 octobre, ce dernier rendait un arrêt donnant raison aux laïcards excités et exigeait de la commune le retrait de la Croix. Cependant, l’affaire est loin d’être close et la mairie n’entend pas céder aux injonctions du Conseil d’État, aveuglé par une lecture laïciste est rétrograde de la Loi de 1905, réglementant la séparation des Églises et de l’État. Le Conseil municipal étudie la possibilité de privatiser la parcelle de terrain sur laquelle est érigée la statue, en la retirant du Domaine public. Les Bretons et plus largement les catholiques de toute la France, sont scandalisés et une pétition lancée sur Internet a réuni plus de 70 000 signatures en 5 jours. Quant au sculpteur, il étudie la possibilité d’une procédure contre la France au nom du respect de l’intégrité d’une oeuvre d’art.
Toutefois, cette affaire démontre que les bases philosophiques et idéologiques de la République française sont fondamentalement anti-chrétienne. Puisant ses origines lointaines dans l’anti-christianisme de la Révolution française, la République demeure l’héritière de ceux qui ont martyrisés les prêtres par milliers, transformés les églises en étables ou en magasins et réduits les départements de l’Ouest de la France (Vendée militaire et Bretagne) en cendre, pour leur attachement viscéral au catholicisme de leurs ancêtres.
La République est en outre, la fille des loges maçonniques, qui depuis 150 ans dirigent et orientent la vie politique française. Ce sont elles qui ont préparé toutes les lois destructrices de la civilisation française ; promotion du divorce, destruction de la famille traditionnelle, avortement, séparation des Églises et de l’État et défense d’un laïcisme agressif, soutien à l’immigration de peuplement qui vise la substitution du peuple français et l’effacement définitif de son caractère chrétien. Loin d’être surfaite, la puissance de la maçonnerie est réelle puisque plus de 400 parlementaires sur un total de 922 appartiennent à la “Fraternelle parlementaire”. On comprend mieux, pourquoi la croix du monument de Ploërmel doit être abattue. Sa présence rappelle à tous que la France est une nation chrétienne, la plus ancienne du monde, et que la chrétienté l’a façonné pendant des siècles. Cette réalité est insupportable pour ceux qui font naître la France en 1789 et qui renie son héritage chrétien.
Plus qu’une simple question d’un choix architectural, le monument de Ploërmel est la manifestation de la vision que nous avons de la France. Pour que notre pays demeure la Fille aînée de l’Église et soit le socle du renouveau européen, sous le signe de la chrétienté.
Renaud Kappel